Poésie et Médecine : Quels usages de la langue par Gérard DANOU
samedi 20 mars à 18h au CCF (entrée libre)
Gérard Danou est docteur en médecine (ancien praticien hospitalier) et docteur ès lettres, habilité à diriger des recherches en histoire culturelle (littérature et médecine).
Chercheur associé aux Universités Paris- Diderot Paris VII (équipe Littérature au présent) et Cergy-Pontoise (équipe : arts littéraires arts cliniques). Travaux en particulier
sur les écrivains médecins dont Jean Reverzy, L-F Céline, sur Henri Michaux et sur les questions du langage médical et de sa vulgarisation.
Principaux ouvrages publiés : Le corps souffrant, littérature et médecine, Champ Vallon, 1994, et Langue récit littérature dans l’éducation médicale, Lambert-Lucas, 2007.
Actuellement dirige un séminaire mensuel à la MSH-Paris sur la Résistance (littérature, médecine, sciences humaines) .
Comme dans toutes les langues spéciales, les mots collent à la chose nommée et n’admettent pas de jeu, de bougé. Il en est ainsi des lexiques de la médecine. Cependant quand les mots médicaux passent dans le langage commun ou dans le travail poétique, ils expriment autre chose : ils permettent alors une remotivation des signes (qui prennent une épaisseur expressive et polysémique considérable) et cette « transmutation de valeur » s’enrichit (par de multiples échos évocatoires) de tout ce que le discours médical (et scientifique) ne peut dire des expériences vécues du corps: le désir, la joie, la douleur et plus généralement d’un regard qui approfondit la forme des choses. Même si les deux langages sont irréconciliables gageons peut-être avec naïveté qu’ils sont complémentaires.